FRANCE

Milieux carcéraux

A l'aube, c'était les prisons, dehors, c'était l'échafaud...

Les prisons de France





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La Mal-Coiffée, MoulinsLa mal-coiffée, Moulins

Prison de la Mal Coiffée, Moulins (03).
Depuis 1983, l'ancienne prison départementale de l'Allier, située au centre-ville de Moulins, a laissé la place à une prison neuve, à la fois maison d'arrêt (154 places) et centrale (135 places), dans la banlieue, à Yzeure. Auparavant, donc, la Mal Coiffée, comme on surnommait la prison, se trouvait place Laussédat. La Veuve venait plus régulièrement à Riom, dans le Puy-de-Dôme voisin, que dans l'Allier. Il n'y eut qu'une seule exécution publique à Moulins au XXème siècle, celle du domestique de ferme Vénuat, le 26 juillet 1934. La machine ne devait revenir que le 08 octobre 1948, pour le tueur Provence.

La place publique de Sisteron

Prison, Sisteron (04)
Cas extrêmement rare : dans la ville de Sisteron, la guillotine, en deux siècles d'existence, ne vint qu'une seule et unique fois, en 1910, pour le bandit Franzoni, alias Olive.

La prison de Digne, 24 janvier 2002La prison de Digne, 24 janvier 2002

Prison Saint-Charles, Digne-les-Bains (04).
La vieille prison de Digne se dresse au sommet d'une colline et domine toute la ville. Très petite (34 détenus), elle jouxte l'église. C'est dans la rue qui sépare ces deux bâtiments que se dressa en 1919 et en 1930 l'échafaud, les deux fois pour exécuter des assassins qui n'avaient pas 20 ans. Après cela, les bourreaux ne revinrent plus à Digne, même si, en 1954, la prison hébergea quelques jours le plus vieux condamné à mort de France, Gaston Dominici, 75 ans. EXtrait d'un site : "La prison de Digne-les-Bains est une petite structure : dix cellules et une trentaine de détenus. L’établissement est vétuste, un ancien château rénové il est vrai il y a deux ans. Mais avec trois détenus par cellule la promiscuité est pénible à supporter. Les prisonniers disposent de la télévision, d’une bibliothèque ; ils peuvent aussi s’inscrire à des cours scolaires et aussi travailler en atelier. Il existe un groupe théâtre. La messe est célébrée tous les samedis par l’aumônier, le père Stéphane Ligier. Une infirmière et un psychologue sont attachés à l’établissement.

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Vue satelliteNice, mai 2002 Prison de Nice

Prison, Nice (06).
Nice a très rarement accueilli en ses murs les bourreaux. En 1876, ce fut sur le port que l'on dressa la guillotine. Puis, en 1923, devant les portes de la maison d'arrêt, la tête du russe Paul Brysgaloff tombait. Et enfin en 1948, un certain Bloy expiait ses crimes dans la cour intérieure de la prison. Cette prison, de nos jours secondée par la récente maison d'arrêt de Grasse, compte plus de 660 détenus pour une capacité normale de 331 places...

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La maison d'arrêt de FoixPrison de Foix, mai 2003

Maison d'arrêt, Foix (09).
A Foix, la prison que longe l'avenue Charles de Gaulle, fut ouverte en 1891. Très petite (44 détenus sont prévus), elle accueille néanmoins plus de 80 personnes. Les condamnations à mort sont rares dans l'Ariège : la prison accueille un homme en 1898, une femme en 1912... Ce n'est qu'en 1928 que la guillotine vient se dresser devant la porte de la prison (il n'y avait pas eu d'exécution depuis 1866). Ce fut la dernière exécution publique. Néanmoins, c'est Desfourneaux le dernier à être venu à Foix. Le couperet y tomba en février 1948 et en juillet 1949.

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Carcassonne, septembre 2002

Prison départementale, Carcassonne (11).
Il n'y eut qu'une seule exécution qui se passa devant cette prison, et une fois de plus, c'est l'infatigable Anatole Deibler qui orchestra le "cérémonial". C'était l'Espagnol André Téjéron, en 1924.

Rodez, 30 juin 2002 L'entréeLes murs de la prison

Prison des Capucines, Rodez (12).
La maison d'arrêt de Rodez est l'une des plus anciennes de France. Elle a été ouverte en 1792. Il est actuellement prévu de la désaffecter pour constuire une nouvelle prison dans la banlieue ruthénoise. C'est devant cette porte de métal que fut, un matin de 1936, exécuté le satyre Bourdon. Il fut le dernier exécuté de l'Aveyron.

La Prison de Marseille

Prison Chave, Marseille (13).
Construite en 1852, à l'angle du boulevard Chave et de la rue George, sur l'emplaçement de l'ancienne propriété Jeanbernet, la prison départementale de Marseille fut en activité de 1865 à 1958. Après avoir exécuté à deux pas de là (place Sébastopol, notamment), on décida de monter la Veuve à l'entrée de la prison. Le premier à étrenner la nouvelle "place publique" fut le satyre Rosa. Cinq autres condamnés subiront leur peine au même endroit.

Les portes de la Prison Chave, 1912

Cette photo, extraite d'un quotidien local, indique (par une petite croix) le lieu exact où fut montée la guillotine. La prison fut démolie en 1958. On trouve désormais à cet endroit une école primaire et le centre régional de la Sécurité Sociale.

Vue satellite Entrée

Prison des Baumettes, Marseille (13).
L'entrée des Baumettes : l'ancienne prison pour femmes, ouverte en 1933 dans la campagne Consanti, s'agrandit en 1937, lors de la suppression du bagne pour donner la prison actuelle, centre régional de détention. Après la Libération, il fut décidé d'exécuter à l'intérieur de la nouvelle prison. Les bas-reliefs (hélàs, peu visibles sur l'image) représentent les sept péchés capitaux.

Les Baumettes

Les Baumettes

Une autre vue des Baumettes. Ce fut dans une petite cour de cet établissement que, le 10 septembre 1977, Hamida Djandoubi était exécuté. Cette cour est visible sur la photo, elle se trouve juste au dessus des deux bâtiments les plus longs, un peu à gauche de la séparation sombre, au centre. Aujourd'hui, dans cette prison (l'une des plus grandes de France) prévue pour accueillir 1300 personnes, plus de 1650 détenus séjournent encore.

A gauche, l'ancienne prison ; à droite, le palais de justiceEntrée L'ancienne prison d'Aix

Prison, Aix-en-Provence (13).
Devenue de nos jours le siège de la Cour d'appel de Provence, l'ancienne maison d'arrêt d'Aix est située, fait assez rare, en plein centre ville. Elle n'est séparée du Palais de Justice que par une rue, et un tunnel relie les deux batîments. De couleur ocre, elle a la forme d'une cube, percé d'une cour centrale. A partir de 1870, on exécuta les condamnés à mort (une dizaine) devant ses portes, le dernier étant Sarrejani en 1934. L'abolition des exécutions publiques fut l'achévement de son quartier des condamnés à mort, qui, s'ils continuèrent à être jugés à Aix, furent désormais guillotinés à la prison des Baumettes, à Marseille.

La maison d'arrêt de Caen La maison d'arrêt de Caen

Maison d'arrêt Général Duparge, Caen (14).
La guillotine s'est dressée devant ces murs à plusieurs reprises. Les exécutions avaient lieu au XIXème siècle sur les promenades Saint-Jullien, la dernière en 1893. Ce n'est qu'au lendemain de la Première Guerre Mondiale, en décembre 1918, que la Veuve fait son retour dans le Calvados pour décapiter Tranquet. Suivent Genest en 1921, Follain en 1928, Betra en 1932, Martin en 1936. Le 03 juillet 1937, le satyre Donatien est le dernier guillotiné public à Caen. La guillotine ne revint que 10 ans après, en octobre 1947, pour exécuter dans la cour le satyre Alexandre Marie. Enfin, les deux derniers guillotinés de Caen, Fanjul-Arbesus et Roumani, furent respectivement êtétés en janvier et mai 1949.

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La prison de Bourges La maison d'arrêt de Bourges

Prison, Bourges (18)
La prison de Bourges fut construite en 1896, et peut contenir 118 détenus. Son portail est classé monument historique. M.Desfourneaux y vint une unique fois, en 1947.

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La maison d'arrêt de Besançon Maison d'arrêt de Besançon
Besançon n'accueillit qu'assez peu souvent la guillotine, à peine trois fois entre 1870 et 1900. La dernière exécution publique eut lieu en février 1891. Il fallut attendre 1957 pour revoir la guillotine dans le Doubs, et encore était-ce pour un condamné venu de Haute-Saône.

Prison de Valence, en 1909

Prison de Chabeuil, Valence (26)
C'est à l'entrée de cette prison que furent exécutés les fameux chauffeurs de la Drôme, en 1909. Au même endroit, vingt ans plus tard, René Frédillon était le dernier exécuté de la Drôme. La prison, qui peut accueillir 134 détenus, est toujours en activité.

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La prison de ChartresLa maison d'arrêt de Chartres

Prison, Chartres (28)
La prison de Chartres est un vestige du passé. Couvent des Carmélites, construit entre 1660 et 1668, la prison a été mise en service en 1793. Devenue officiellement "maison d'arrêt de Justice et de correction" en 1799, elle s'est profondément transformée au cours des siècles. Située au coeur de la vieille ville, à proximité de la cathédrale, la maison d'arrêt jouxte le palais de Justice, auquel elle est reliée par un tunnel. D'une superficie de 5 028 m², elle dispose notamment de : 40 cellules d'hébergement, 4 ateliers de travail pénitentiaire, 1 atelier de préformation professionnelle, 2 cours de promenade, 1 salle de classe, 1 bibliothèque, 1 salle de musculation, 1 salle polyvalente, etc. Le 11 octobre 1921, Casimir Veignal subissait le châtiment suprême devant l'entrée de la prison de Chartres. Malgré un passage à Dreux en 1925, la guillotine ne revint en public à Chartres que dix ans après après, le 23 septembre 1931, pour décapiter Ernest Roi. Il ne devait plus y avoir d'exécution à Chartres après cela.

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Maison d'arrêt de Toulouse La Prison St-Michel, à Toulouse L'entrée La plaque mémoriale des résistants exécutésVue satellite

Prison St-Michel, Toulouse (31)
Le 08 mars 1856, le Ministère de l'Intérieur approuve la construction d'une nouvelle prison départementale à Toulouse. Conçue par l'architecte Esquié, la maison d'arrêt du 18bis, rue Saint-Michel, est achevée en 1868. Sa capacité était d'environ 300 détenus hommes, et de 90 détenues femmes. Cette prison ne fut le théâtre d'exécutions à Toulouse qu'au cours du 20ème siècle : à l'entrée de cette maison d'arrêt, on vit tomber les têtes du parricide Albus et des assassins d'Auch, Vignau et Patte, puis, dans la cour, celles d'un héros de la Résistance, Marcel Langer, et de deux égorgeurs, Bendid et Bennour. Le lundi 27 janvier 2003, les 570 prisonniers qui y vivaient ont été transférés de St-Michel à Seysses. La prison héberge encore les détenus en semi-liberté : elle sera probablement le siège d'un centre culturel. Aux dernières nouvelles (novembre 2003), la prison de Seysses, voisine de la centrale de Muret est déjà en état de surpopulation (700 détenus pour 600 places), alors la prison serait vraisemblablement re-ouverte pour accueillir une centaine de prisonniers.

Prison d'Auch, années 30La porte d'entrée Le retour d'un assassin en prison

Prison Lecomte de l'Isle, Auch (32).
La prison d'Auch fut ouverte en 1860. Prévue pour accueillir 58 détenus, elle ferma ses portes en 1966. La guillotine n'y vint que par deux fois : en 1934, à l'entrée, pour le russe Jouroucheff, et en 1948, dans la cour, pour la double exécution des frères Javelot. Elle fut démolie dans les années 1970 et à la place, on construisit le siège du Trèsor Public local.

Bordeaux, entrée du Fort du HâBordeaux, entrée du Fort du Hâ Bordeaux, cour du Hâ Bordeaux, cour du Hâ

Fort du Hâ, Bordeaux (33).
Vieille forteresse du XVIII ème siècle, elle fut transformée en prison en 1835. Le batîment était collé au palais de justice, et l'ensemble formait une cour commune. C'est dans cette cour que les dernières exécutions publiques se sont déroulées à Bordeaux, après avoir été effectuées non loin de là, place du Repos. Le dernier exécuté en public fut Delafet en 1933. Après cela, la guillotine ne fut déplacée que de quelques mètres, pour n'être dressée que dans la cour même de la prison. En 1941, Desfourneaux venait exécuter la première femme depuis 54 ans. En 1949, il revenait pour faire un "doublé". En 1960, le matricide Pons fut l'ultime exécuté dans la cité Girondine, par les soins d'André Obrecht. Démolie dans les années 70, elle a fait place à l'actuelle Ecole Supérieure de Magistrature. On peut néanmoins voir encore quelques tours qui rappellent l'ancienne maison d'arrêt.

Prison de BéziersPrison de BéziersLa prison de BéziersMaison d'arrêt Saint-Nazaire, Béziers (34)

Observez la cathédrale de Béziers, et reportez votre regard à peine plus bas sur votre gauche : c'est dans ce petit bâtiment, en forme de T, que logent les détenus biterrois. Au départ maison d'arrêt de sous-préfecture, Béziers gagna son importance dans le sujet de la peine capitale après 1939, quand le décret-loi du 24 juin l'établissait comme prison susceptible d'accueillir la guillotine. Mieux, outre les condamnés de l'Hérault, les condamnés à mort de l'Aude et des Pyrénées-Orientales y seraient également exécutés !!! C'est ainsi qu'en 1942, une triple exécution eut lieu dans la cour de la prison (côté cathédrale). Un des condamnés venait de l'Aude, les deux autres (un père et son fils) avaient été condamnés par la cour martiale de l'Hérault. L'année suivante, un nommé Banos est guillotiné à son tour. Trois têtes tombent à nouveau en 1948 : celle de D'Hyon, condamné à Carcassonne, le 10 janvier, celles de Prince et Lancuentro le 16 novembre. Enfin, le 01 décembre 1949, Fournial et Vève sont les derniers guillotinés de Béziers. A noter que le père de leur victime soudoya le bedeau de la cathédrale pour assister au châtiment des assassins de son fils en toute quiétude (et illégalité, bien compréhensible en ce cas).



La prison de Rennes

Prison, Rennes (35)
La maison d'arrêt fut ouverte en 1903, à un kilomètre environ de la maison centrale pour femmes. La guillotine ne vit que par deux fois devant la porte de la prison (auparavant les exécutions avaient lieu au Champ de Mars). C'est ainsi qu'en 1922, Anatole Deibler vint une unique fois dresser les bois dans sa ville natale. Il mourut le 02 février 1939, alors qu'il prenait le métro : il devait exécuter le lendemain à l'aube Maurice Pilorge, devant cette même prison de Rennes.

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La maison d'arrêt de Mont-de-Marsan

Prison Armand Dulamon (40).
La petite prison de Mont-de-Marsan, ouverte en 1948 sur l'emplacement même de la précédente (en fait, il n'y eut qu'une rénovation à faire), se trouve juste à côté du palais de justice. Les exécutions eurent lieu pendant la moitié du XIXème siècle place Saint-Roch, une des plus importantes du centre ville, avant de se dérouler au bout de la rue Armand Dulamon, sur la place de la Tannerie (actuelle place de la Porte Campet). Par deux fois, en 1871 et 1895, on y guillotina un, puis deux condamnés à mort. Les deux dernières exécutions publiques, en 1923 et 1931, eurent lieu sur la chaussée, à l'entrée de la prison même. La guillotine revint une ultime fois dans la cour, en 1947.

La prison de Blois

Prison, Blois (41)
Au XXe siècle, La Veuve ne vint qu'assez rarement dans le Loir-et-Cher. En fait, Blois l'accueillit en 1876, 1888, 1890 et 1891. En 1887, ce fut à Romorantin, et en 1933 à Vendôme que les bois de justice se dressèrent pour l'ultime exécution du département. La prison de Blois est récente, elle date de 1943.

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Agen, juillet 2002

Prison Montaigne, Agen (47).
La prison d'Agen, ouverte en 1860, est assez importante malgré sa taille moyenne (capacité : 129 prisonniers), car elle est aussi le lieu d'incarcération des condamnés du département voisin du Gers. Elle fut aussi le lieu d'exécution, après 1939, des condamnés à mort du Lot (en 1941, Cocusse, en 1948, Andrieu). Seul Pierre Juge, guillotiné en 1943, fut condamné à mort par les instances du Lot-et-Garonne. Anecdote sur la photo : je m'apprêtais à en prendre une seconde, de la porte, quand une patrouille de gendarmerie m'a interpellé, et procédé à un contrôle de mes papiers d'identité.

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La prison du Pré-Pigeon, Angers La maison d'arrêt d'Angers

Prison du Pré-Pigeon, Angers (49).
Maison d'arrêt ouverte en 1856, la prison départementale du Maine-et-Loire, toujours en activité, est de taille moyenne, puisqu'elle peut accueillir 242 prisonniers. La guillotine a été dressée à l'entrée de la prison à deux reprises, en 1896 et en 1934. A six mois d'intervalle en 1947, deux condamnés à mort furent décapités à leur tour dans la cour. La dernière venue des exécuteurs se passa le 21 avril 1949, pour une rareté. Dans cet établissement reservé aux hommes, le condamné à mort était une femme, Germaine Leloy. Elle fut la dernière femme guillotinée en France. (photos fournies par Pierre Chotard)

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La maison d'arrêt de CHaumont Maison d'arrêt du Val Barizien (52)
Quatre têtes sont tombées devant cette porte : celle de Dudot, en 1896, celles d'Ernette et Bâton en 1921 et enfin, dernière exécution du département en 1922, celle du violeur assassin Dietrich.

La prison de LavalLa prison de LavalLa prison de Laval La maison d'arrêt de Laval

Prison, Laval (53)
La prison de Laval fut construite en 1908 plutôt loin du centre-ville, boulevard Frédéric Chaplet. Avant, le château jouxtant le palais de justice servait à cet usage. Les exécutions capitales se déroulaient tout près, place de la Trémoille. L'urbanisation fait que maintenant, la prison se trouve cernée d'habitations. Laval fut le théatre d'une célèbre histoire : l'affaire Bruneau passionna les foules en 1894. Ce jeune abbé, connu pour ses attitudes plutôt défroquées, fut accusé de deux meurtres, dont celui d'un vieil abbé. Il ne reconnut jamais sa culpabilité, et marcha courageusement à l'échafaud, dressé sur une place de Laval, le 30 août 1894. L'exécution suivante, celle de Paul Bourges, le 29 mars 1912, fut bien moins célèbre. Ce fut la dernière, et eut lieu à l'entrée de cette prison.

La prison de Nancy La maison d'arrêt de Nancy

Prison Charles III, Nancy (54)
La prison de Nancy fut ouverte au "public" en 1834 pour une capacité de 259 prisonniers. La première exécution à l'entrée de la prison fut celle du tueur en série aux dix victimes, Jean Dauga, en janvier 1890. La dernière en public fut celle de Salvador, en janvier 1925. Le dernier condamné à mort exécuté dans la cour de la maison d'arrêt fut René Peter, le 30 octobre 1953. Mais il y eut d'autres condamnés à mort, et d'autres assassins qui purgèrent une partie de leur peine dans ces cellules.

La prison de Saint-Mihiel

Prison, Saint-Mihiel (55)
Dans le département de la Meuse, la Cour d'assises ne se tient pas à Bar-le-Duc, mais à Saint-Mihiel. C'est aussi là que les exécutions capitales avaient lieu : il y en eut un bon nombre. Après avoir exécuté sur la place de la Buanderie, face au collège, jusqu'en 1877, les dernières exécutions publiques eurent toutes lieu à l'entrée même de la prison, en 1894, 1903, 1911, 1924, 1931 et 1932. En 1948, dans la cour intérieure, on procéda à une dernière mise à mort. La prison fut fermée dans les années 80, et on conçut dans la banlieue de la ville un centre de détention pour mineurs et adultes, d'une capacité de 400 places.

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La prison de Loos

Prison, Loos (59)
Bien qu'elle ait accueilli plusieurs condamnés à mort, la prison de Loos-les-Lille ne fut jamais le lieu d'exécutions capitales. Les exécutions publiques avaient lieu à Lille même, place du Palais-de-Justice, et après 1939, les têtes furent vouées à tomber dans l'enceinte de la prison de Douai.

La maison d'arrêt de Beauvais La prison de Beauvais, début du XXe siècle Maison d'arrêt de Beauvais (60).
Devenue prison en 1858, en partie détruite en 1940 et re-ouverte en 1946, la maison d'arrêt de Beauvais a accueilli la guillotine a plus d'une reprise. Potin y fut exécuté en 1903, Boucher et Bourbier en 1921, Maklès en 1925. Le 28 août 1930, René Roos est le dernier exécuté en public. La guillotine n'est revenue à Beauvais qu'en 1950, pour le mari assassin Maurice Van Landuyt.

La prison d'AlençonLe palais de justice d'Alençon

Maison d'arrêt, Alençon (61).
La prison de l'Orne, département moins concerné par les affaires criminelles, a une capacité de 47 détenus. Le batîment a 200 ans cette année, puisque ouvert en 1804. Si la dernière exécution publique, celle de Mautin en 1878 eut lieu sur le Champ-du-Roi, la guillotine ne vint dans la prison que pour des exécutions privées, en 1942 et en 1947. (photos fournies par Pierre Chotard)

La maison d'arrêt de Béthune Maison d'arrêt de Béthune (62)
Célèbre entre toutes, cette prison a eu "l'honneur" de voir a plusieurs reprises les bois de justice au cours du XXe siècle : tout d'abord, avec la reprise des exécutions en 1909 quand, le 11 janvier, les quatre chefs de la bande Pollet sont exécutés à l'entrée... Entre octobre 1933 et octobre 1934, trois condamnés furent décapités au même endroit. Après cela, la guillotine ne devait plus fonctionner, dans le Pas-de-Calais, qu'à Arras.

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La maison d'arrêt de PauLa maison d'arrêt de PauLa maison d'arrêt de PauLa maison d'arrêt de Pau

Maison d'arrêt, Pau (64).
La prison de Pau est une maison d'arrêt, avec un quartier de semi-liberté, ouverte en 1861. Elle accueille hommes, femmes et mineurs. Comme dans la plupart des départements du Sud-Ouest, la guillotine n'y vint que rarement. Même, très rarement, puisque la seule exécution qui eut lieu à l'entrée de la prison se déroula en 1894. Par la suite, le quartier des condamnés à mort accueillit à peine quatre hommes, et aucun n'eut à subir la peine capitale.

La prison de Tarbes, mars 2003Une autre vue de la maison d'arrêt de Tarbes

Prison, Tarbes (65).
Les Hautes-Pyrenées ne sont pas un département aux condamnations à mort fréquentes. La dernière exécution publique eut lieu en 1877. De 1889 à 1932, aucune condamnation à mort ne fut prononcée par cette Cour d'assises. Toutefois, l'année 1948 fut plus fructueuse : les trois responsables d'un quintuple crime furent guillotinés par Henri Desfourneaux, deux le 01 février, le dernier, le 23 avril. Il n'y eut plus de venue de la Veuve à Tarbes.

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La maison d'arrêt de Colmar Maison d'arrêt de Colmar
Moins prolifique en exécutions que son département voisin du Bas-Rhin, le Haut-Rhin a, jusqu'en 1939, accueilli les bourreaux et leur machine à Mulhouse (en 1932 et 1937). L'abolition des exécutions publiques fit que Colmar devait désormais recevoir les bois de justice. Cela n'eut lieu qu'une seule fois, le 08 juillet 1949, pour le triple assassin Ohnimus.

Vue satelliteLa prison St-Paul

Prison Saint-Paul et Saint-Joseph, Lyon (69).
Lyon, troisième ville de France, se distingue comme Paris et Marseille par son grand nombre d'affaires criminelles. Aussi, la Veuve vint souvent à deux pas de l'entrée de la prison Saint-Joseph, cours Suchet (sur votre gauche, sur la photo satellite). Les prisons jumelles (bien que d'architecture différentes), séparées par une rue, furent ouvertes en 1880, situées dans le quartier de Perrache. En 1883, Gonnachon y fut le premier guillotiné. En 1894, Busseuil, puis Caserio, l'assassin du président Carnot, y perdirent la tête. Deux jeunes apaches en 1900, puis des exécutions simples en 1917, 1918, 1919, 1926 et enfin 1939. Le 24 janvier de cette année-là, Anatole Deibler, sans le savoir, guillotinait son dernier condamné. La veuve ne devait pas cesser de chômer dans cette ville (en 1943, 1944, 1950). En 1958, Guyenot fut le dernier exécuté dans l'enceinte de la prison Saint-Paul. Les prisons sont actuellement en cours de fermeture définitive. 344 prisonniers pouvaient y co-habiter (en réalité, en 2003, ce chiffre dépassait les 870...)

Le fort MontlucLe fort Montluc Le fort MontlucLes bâtiments de Montluc

Le Fort Montluc, Lyon (69).
En 1958, les tribunaux militaires commencent à juger et à condamner à mort les membres du FLN responsables d'actes terroristes et de meurtres. Ces condamnés sont incarcérés dans la prison militaire de Montluc, ouverte en 1920, et restée tristement célèbre pour avoir été le siège de la Gestapo de Klaus Barbie sous l'Occupation. Pendant cette époque, et également après la Libération, on y emprisonna les condamnés à mort politiques avant de les mener au poteau d'exécution. En 1960, la guillotine revient à Lyon pour deux condamnés du FLN, Aït et Charchari. Ils seront près d'une dizaine, cette année-là, à être guillotinés dans l'enceinte du fort Montluc. Décision est prise de procéder à toutes les exécutions capitales dans l'enceinte de cette prison, plus éloignée des habitations (malgré quelques HLM non loin de là), et donc moins accessible à des regards indiscrets. En juin 1964, deux assassins de droit commun, Ghaouti et Actis sont les suivants. Le dernier guillotiné sera un Maghrebin, Hachani, condamné à mort à Montbrison pour avoir assassiné trois de ses coreligionnaires. Dans les années 80, après l'abolition de la peine de mort, la prison fut sous les feux de l'actualité quand on y emprisonna Klaus Barbie avant, pendant et après son jugement (il y mourut en 1990). Désormais, elle est vouée à l'emprisonnement des femmes (capacité : 24 places, détenues...64 en juillet 2003)

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La prison du MansLa prison du MansLa prison du Mans

Prison du Vert-Galant, Le Mans (72)
Petite prison de 51 places, Le Mans accueillit un bon nombre de fois la bascule à Charlot devant ses portes. Emonet en 1892, Doilin en 1910, Hamet en 1911, Tisseau et Nolot en 1912, Auxerre en 1913, et enfin Nicolas en 1932 furent les derniers exécutés en public dans la Sarthe. La guillotine fit deux visites dans la cour du Vert-Galant en 1947 (Tranchard) et enfin, en 1949. Le condamné était un certain Diner.

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Il est des noms qui ne nous évoquent plus rien : Austerlitz? Une Gare. Biribi? Un quelconque mot d'argot. De même, la Roquette. On n'emploie même plus ce nom pour parler des obus thermonucléaires ou pas ! Ce n'est plus rien. Et pourtant, évoquer la Roquette dans le Paris de 1900 n'était pas agréable...

Il faut revenir il y a déjà 166 ans. A cette époque, une poire du nom de Louis-Philippe dirige les destinées de la France. Il n'est pas d'une extrême sévérité, mais sa Justice est traitée comme il faut. Et pour punir les "fâcheux", rien de tel que la prison. Et à cette époque, il en existe bien en France : chaque ville d'importance moyenne a la sienne. Paris en a près d'une douzaine. Et donc sa majesté Williams décide de faire construire deux nouveaux édifices pénitentiaires dans la ville.

Il y a, dans la proche banlieue, un lieu aussi terrible : Bicêtre. A la fois asile d'aliénés et prison pour innomables meurtriers, la vie se fait dans la crasse ! C'est dans la cour de cette affreuse batisse que Mr Sanson, IVème du nom, a fait ses premiers tests de la Veuve. Et Louis-Philippe décide que cela suffit : seuls les déments auront le privilège de demeurer dans les cellules froides de l'asile. Les assassins seront, certains envoyés vers la nouvelle prison, d'autres vers les territoires inexplorés d'outre-mer.

L'architecte Gau est designé pour établir les plans de la nouvelle prison, et soumet son projet. Un mur d'enceinte, un batiment carré, percé d'une cour centrale. Il marque là son désir de se différencier de la dernière prison construite à Paris entre 1826 et 1830, sous Charles X, inaugurée le 11 septembre 1830, et qui accueille des femmes depuis 1835 (avant, c'était une prison pour délits légers). Celle-ci, construite dans le quartier de Ménilmontant (mais oui madame), a la forme d'une rotonde. Cette prison porte le nom de la rue où elle se trouve, au 143. La Roquette. Et la nouvelle se trouvera juste en face. Les travaux commençent, et le 24 décembre 1836, la nouvelle maison est inaugurée. Elle occupe l'emplacement des 164-168. Le même jour, pas moins de quarante "paniers à salde" transportent 187 prisonniers de Bicêtre à ce qui est une des plus grandes prisons de Paris. Son nom exact est "Dépôt de condamnés". Oui, c'est là qu'attendront les futurs bagnards avant leur départ pour l'Ile de Ré, puis pour Cayenne ou Nouméa... Mais aussi, et surtout, c'est là que séjourneront les condamnés à mort. Comment est-elle? La prison est entourée par le mur d'un chemin de ronde. On ne voit que les étages supérieurs, avec des persiennes fixes en tôle. A gauche, en entrant par la porte principale, on traverse le premier guichet, qui est séparé du préau par trois grilles de fer et quatre portes de chêne. Le préau est entouré de bancs de pierre où les prisonniers peuvent s'asseoir. Une fontaine se trouve en son centre. Un second guichet fait parvenir à la cour. Parvenu dans cette cour, la chapelle se trouve en face, d'architecture stricte et simple. Les ateliers, où les prisonniers travaillent dix heures par jour (lever 5 heures, coucher 19 heures 30) donnent sur cette cour. On la quitte par une galerie couverte, et en traversant le corps de garde des surveillants, on aboutit à une seconde cour, carrée avec un petit jardin. Là, se trouve la bibliothèque, dont le responsable est un détenu arrivé à ce poste grâce à sa bonne conduite. En 1872, on trouvait en ces lieux près de 1850 volumes (littérature, religion, morale, législation).

A cette époque, Mr Sanson le cinquième exerce ses talents à la barrière d'Arcueil, depuis l'arrêté préfectoral du 29 janvier 1832. Les condamnés ont toujours une distance appréciable à faire pour se rendre de la Grande Roquette (puisque c'est le nom qu'on donne désormais à la nouvelle prison) à l'échafaud. Environ quatre kilomètres. Rien ne sera changé pendant plus de 15 ans. Sanson VI, puis Ferey et enfin Heidenreich montreront leurs talents à la foule à la place de St-Jacques. Mais le 29 novembre 1851, un nouveau décret déplace, une énième fois, la place des exécutions parisiennes. On guillotinera à l'entrée de la Roquette. Des maçons cassent le pavage de la rue, et plaçent cinq dalles dans le sol, destinées à accueillir les pieds de l'échafaud. D'où le nom "abbaye de cinq-pierres", trouvé par un facétieux pour désigner ce lieu. A peine trois semaines plus tard, le 16 décembre 1851, les portes de la prison s'ouvrent pour laisser passer un certain Humblot. Les entraves l'empêchent de marcher convenablement, mais il n'a que dix mètres à parcourir avant de gravir les marches de l'échafaud. Le couperet tombe sur le premier des exécutés de la Roquette. Des noms célèbres suivront : l'abbé Verger, l'anarchiste Orsini, le cocher Collignon, le docteur de la Pommeraye...

La vie de la prison n'est pas la plus gaie, on s'en doute. Les cellules sont froides et sinistres, les seuls meubles qui s'y trouvent sont un lit et une table. La sécurité y est très importante. Les exécutions se passent, une par an, environ. Quand la Commune éclate, c'est contre les murs des prisons que sont fusillés les révoltés. A l'aube du 19 janvier 1870, sous une grotesque "Marseillaise", l'échafaud est dressé une ultime fois devant la prison, pour exécuter l'octuple meurtrier Troppmann. C'est Heidenreich qui officie. Ce sera aussi sa dernière exécution parisienne. Le décret Crémieux qui abolit l'échafaud l'instituant en même temps seul exécuteur pour tout le territoire français. En juin 1872, son successeur Roch guillotine un certain Moreux. Les spectateurs sont déçus. On ne voit que le sommet de la machine, ce qui fera dire : "Ce n'est plus l'échafaud maintenant, ce n'est plus que la guillotine..." A la même époque, le dictionnaire Larousse relate que depuis 1836, personne ne s'est évadé de cette prison.

Et puis les années passent. Les condamnés se suivent et se ressemblent. Au cours des années 1890, les intellectuels dénoncent les conditions inadmissibles dans lesquelles vivent les occupants. La pression se fait de plus en plus dure. Alors, le président Faure prend une décision : dès 1899, la prison sera desaffectée, et les condamnés transférés à la prison de la Santé, vieille de "seulement" 32 ans. Le 1er février 1899, un claironnant "Poooortez...Armes !" retentit à la porte de la prison, puis le claquement des fusils dans les paumes des mains des soldats suivi de la voix navrée d'un officier : "Mais je n'ai rien dit !" C'est un jeune homme de 22 ans, Peugnez, qui marche en riant vers la Veuve, tout content du dernier tour qu'il a joué. Il a quand même tué dans des conditions affreuses une vieille femme et son petit-fils. Des éléments du crime font songer, de nos jours, à l'oeuvre d'un "serial killer", pas moins. C'est la première exécution parisienne d'Anatole Deibler. Mais c'est surtout la 69ème et dernière exécution qui se déroulera sur cette placette. Dans les mois qui suivent, les prisonniers, comme en 1836, quittent sans regrets leur enfer pour un autre. Les masses des démolisseurs se mettent vite à la tâche. En 1900, il ne reste plus rien.

Que faire des condamnés à mort? La nouvelle place d'exécution est de loin une des plus sordides. A l'ombre de Notre-Dame de Paris, se trouve l'institut Médico-Légal. La Morgue. C'est là, devant ce haut lieu de la mort, qu'on devrait dresser les bois de justice certains matins. Cela n'arrivera jamais. Jusqu'en 1909, Deibler n'aura plus de travail à Paris. Et quand on le convoquera, ce sera pour ensanglanter le boulevard Arago, devant la Santé... Mais ceci est une autre histoire.



Passants, vous qui allez rue de la Roquette, cherchez les restes de cette histoire. Il existe un parc, tout arboré. L'entrée faite de briques. C'est l'ancien porche de la prison de femmes, la Petite Roquette. Si vous faites quelques pas tout droit, songez qu'en ce lieu, deux femmes furent, elle aussi guillotinées. C'était la cour de la prison. Celle-ci resta en activité jusqu'en 1974. Et juste en face, il existe une rue, entre deux hautes haies d'immeubles. La rue de la Croix-Faubin. Regardez bien le sol, près du passage piéton. Vous voyez les dalles? C'est une curiosité du Vieux Paris. C'est l'Abbaye de Cinq-Pierres. Ne vous étonnez pas de leur forme : après la démolition de la prison, l'ancien directeur tenta de les vendre au musée Carnavalet, après les avoir faites desceller. Le Musée refusa, et le directeur n'eut d'autre ressource que de faire replacer (plus mal que bien) les dalles. Ce qui fait que, d'une croix classique, la position des dalles forme désormais une croix de Saint-André.

Il était courant, dans le milieu parisien, de parler d'Untel, qu'on n'avait pas vu depuis quelque temps : "Celui-là, il est allé se refaire une santé...". A l'instar de la Roquette, cinquante ans auparavant, la maison d'arrêt située à l'angle du boulevard Arago et de la rue de la Santé n'est plus qu'appelée ainsi. La Santé. Terrible lieu, comme toutes les prisons. Nombre de condamnés y ont passé la tête à la fenêtre, près d'une quarantaine aux portes de la prison, à l'époque des exécutions publiques, et bien d'autres, dans la cour d'honneur. Les derniers, on s'en souvient, furent Buffet et Bontems. La prison de la Santé fut construite en 1867 par l'architecte Joseph Vaudemer. A l'époque, une douzaine de prisons parsemaient la capitale. On installe donc la dernière d'entre elles dans la banlieue de Paris, près de la barrière d'Arcueil, où déjà, le couperet accomplissait son oeuvre sanglante, quelque vingt ans auparavant. Inaugurée le 20 août 1867, la prison fait face à une abbaye. Normalement prison de passage pour courtes peines, l'annonce de la démolition du dépôt des condamnés de la Roquette en 1899 l'instaure comme dernière prison à Paris intra-muros. C'est là que, désormais, Mr Deibler et ses aides dresseront certains matins, leur machine. On agrandit la prison pour ce faire. Toutefois, il s'écoulera dix ans entre la dernière décapitation à la Roquette (Peugnez, le 01 février 1899) et la première exécution boulevard Arago. Les présidents se montrerent entre-temps farouchement abolitionnnistes, et ce n'est que pressé par l'opinion publique que le président Fallières rattrapera une retard de trois ans en la matière. En 1909, pas moins de 13 condamnés seront exécutés en France. Le 06 août 1909, pieds nus, recouvert du voile noir des parricides, le charcutier Henri Duchemin descend du fourgon pour faire ses derniers pas vers la bascule. Quand il sent le bois mobile contre lui, on lui retire prestement sa cagoule. Moins de dix secondes après, son sang gicle, pour la première fois sur la chaussée du boulevard Arago. Des noms comme Liabeuf, Loeuillette et Cadet, ou Gorguloff passeront également de vie à trépas au même endroit. On passe encore, de nos jours, où la Veuve était montée : il suffit de partir de la rue de la Santé, en se dirigeant vers Denfert, sur le côté droit du boulevard, entre le 6ème et le 7ème marronnier. A cet endroit, 37 têtes seront tranchées, dont 36 par les bons soins d'Anatole Deibler. La dernière sera l'oeuvre de Desfourneaux, le 02 juin 1939, et le condamné était Max Bloch, un gangster. Durant l'Occupation, la guillotine ne chômera pas non plus; à partir de 1939, elle fonctionnera plus d'une soixantaine de fois à l'abri des regards indiscrets, dans la cour d'Honneur. La dernière exécution ne fut pas des moindres : elle était double, et marquait d'un point final sanglant l'affaire Buffet et Bontems, le mardi 28 novembre 1972. De nos jours, la prison est toujours en activité. Elle n'héberge évidemment plus de condamnés à mort, mais elle contient toujours son quota de malfrats. Célèbres ou non.

Sortant de la Santé, dans les années 20, le vieux "Fend l'air" (le cheval) fut le conducteur attitré du fourgon de justice jusque vers 1920. Il fut remplacé par Cobaye plus tard. La majorité des condamnés, au début du XX ème siècle, furent conduits au lieu d'exécution dans cette carriole. Les progrès automobiles feront qu'en 1951, le transport chevalin seradéfinitivement remplacé. En janvier 1952, le fourgon hippomobile sera vendu aux enchères. André Obrecht était dans la salle de vente.

Ce dessin use fort bien de la perspective pour montrer la prison telle qu'elle est depuis 1900. Bâtie sur un terrain de 25053 m², de forme trapézoïdale, la grande base étant la rue de la Santé, la prison peut contenir 1236 condamnés et 600 personnes sur 4 hectares. on y distingue bien l'étoile, qui composait la prison originale de 1867 à 1899.

La Santé, Paris

Observez bien le plan numéroté : c'est en entrant dans le 7ème quartier, au quartier haut, que se trouvaient, de 1899 à 1954, les condamnés à mort. Quatre cellules composaient (en 1950) le quartier des c.a.m. Elles étaient les numéros 3/5, à gauche, et la 7/9 à droite. Formées chacune de trois cellules dont les murs avaient été démolies, elles pouvaient contenir 4 condamnés chacune, dans environ 40 m². Entre deux cellules, un couloir d'un mètre de large, grillagé des deux côtés, sert de salle de garde. Le condamné a un long chemin à faire pour arriver jusqu'à l'échafaud. Voyez plutôt : tout le 5ème quartier, puis le 6ème, la rotonde, et enfin le greffe. Dans la cour d'honneur, jusqu'en 1939, le fourgon attendait le condamné à mort, puis la guillotine fut réellement dressée dans la même cour. Puis, en janvier 1954, décision fut prise de rapprocher les condamnés du lieu d'expiation, et ils furent désormais installés au rez-de-chaussée de la 2ème division (branche basse droite de l'étoile). Plus de 12 cellules, individuelles désormais, réparties de chaque côté du couloir, seraient pour certains la dernière chambre de leur vie.

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La prison de Melun

Prison, Melun (35)
Melun est une ville pénitentiaire. En tant que préfécture de Seine-et-Marne, elle compte une maison d'arrêt (cette prison), et aussi une maison centrale. Melun reçut à plusieurs reprises la visite de la guillotine. En 1872 et 1873, on guillotinait encore sur une placette à l'entrée du cimetière. En 1878, pour un forçat de la centrale qui avait tué un co-détenu, la machine se trouvait à l'entrée de la maison centrale. On revint sur la place du cimetière en 1894 et 1896. En 1911 et en 1921, on exécuta Pajot et Brossard à l'entrée de la maison d'arrêt, ce qui évita bien des spectateurs, car l'entrée de la prison se trouve au bout d'une impasse. C'est également dans cette prison qu'on guillotina deux criminels en 1943, un homme et une femme en 1947, en juin 1951, Cornil et Dufrenel, et enfin, en 1952, Stanislas Gwisdak.

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La maison d'arrêt, rue du Sanitat

Comme quelques autres départements de France, les Deux-Sèvres n'accueillirent que rarement la guillotine après 1870 (deux fois). En 1894, on guillotine sur une place au centre-ville de Niort. C'est le 17 décembre 1935 qu'on dressa pour la dernière fois les bois de justice devant la porte de la prison, sur la placette du Sanitat, pour le faux-monnayeur assassin Joseph Lauer. La cellule des condamnés accueillit d'autres hommes après 1935, mais jamais on n'eut à exécuter de nouveau dans le département (toutefois, en 1949, Gui et Tognetti, deux beaux-frères condamnés à mort - pour viol et assassinat - à Niort virent leur jugement cassé. Rejugés à Poitiers et re-condamnés, ils attendirent le châtiment dans la Vienne. Tognetti mourut d'une embolie en cellule. Gui fut guillotiné le 24 mai 1950, en même temps qu'un certain Balin).

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Montauban, juillet 2002 Montauban, juillet 2002

Prison de Beausoleil, Montauban (82).
A Montauban, les exécutions ne furent pas nombreuses depuis la Révolution : une en 1793, une en 1835, trois au début du XXème siècle (1910, 1927, 1936). Les deux premières se déroulèrent non loin de la prison, place. La dernière, celle de Martin, eut lieu à l'entrée même de la maison d'arrêt.

Draguignan, début du XXe siècle Draguignan, mai 2002

Prison, Draguignan (83).
Le département du Var accueillit indifférement la guillotine à Draguignan, qui était à l'époque la préfecture et où siège la cour d'assises, et à Toulon. La prison de Draguignan, aujourd'hui désaffectée (depuis 1983), vit par trois fois Monsieur Deibler dresser les bois à son entrée : en 1918, pour Spadoni et Grilli, en 1936, pour Sasia, et la même année, pour Rodriguez (que des noms fleurant bon le Sud)... En mars 1948, les bois de justice y revinrent et à peine deux mois plus tard, pour la dernière fois, en mai 1948, trois Italiens furent exécutés le même matin dans la cour. On trouve dans le bâtiment toujours intact un snack-bar et un immeuble d'habitation. Original, non?

Vue satellite Toulon, mai 2002 Prison de Toulon

Prison St-Roch, Toulon (83).
La place Léon Blum, autrefois place Saint-Roch. La prison départementale n'est qu'à deux pas de la mer. Ce fut devant l'entrée que Caturegli, Delval et Grandoux furent suppliciés. Capacité : 150 personnes.

Carpentras, 1909

Prison d'Inguimbert, Carpentras (84).
Carpentras, sous-préfecture du Vaucluse, fut le théâtre des procès criminels du département. La Veuve vint à plusieurs reprises (en 1909, 1921, 1922, 1938) couper des têtes devant la prison. Elle était montée au niveau de la porte principale (la flèche désigne cet endroit). Une croix indique également la fenêtre de la cellule des condamnés à mort, qui pouvait contenir trois condamnés (ce qui est contraire à la législation).

Place d'Imguimbert, 2002

Cette photo montre la place d'Inguimbert, ce qui était auparavant la cour de la prison, le palais de justice et la prison ne formant qu'un seul et unique bâtiment. C'est à peu près au niveau de la voiture blanche qu'on dressait les bois de justice. En 1943, Serge Fede fut décapité près de la grille (visible, sur le coté droit).

La maison d'arrêt d'Avignon, janvier 2003, rue BanasterieVue du Jardin des DomsLa prison Saint-Anne

Prison St-Anne, Avignon (84).
La maison d'arrêt d'Avignon ne fut presque jamais l'antichambre de la guillotine, les messes rouges s'organisant plutôt à Carpentras. La dernière exécution remontait à 1816, quand, le 15 février 1936, Nicolini expiait à l'entrée de la prison d'Avignon. Ce fut la dernière exécution capitale dans la Cité des Papes. En mars 2003, la prison, d'une extrême vétusté, fut désaffectée, et ses occupants transférés dans la prison flambant neuve du Pontet, à 10 km de là.

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Vue satellite Maison d'arrêt, Limoges.

Quatre condamnés à mort furent guillotinés à Limoges au 20e siècle : le premier, Dardilhac, fut le dernier guillotiné en public en 1937 (la Veuve n'était pas revenue depuis 1894). En 1947, les frères Jacquet, chefs de bande, sont décapités dans la cour d'entrée. Et enfin, le 17 janvier 1948, l'assassin Vidalie, condamné à Tulle, est le dernier exécuté limousin, au même endroit.

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La prison d'Auxerre La maison d'arrêt d'Auxerre

Prison départementale, Auxerre (89)
L'Yonne est un des départements les plus calmes en ce qui concerne la peine capitale. La dernière exécution au XIXème siècle eut lieu en 1861. Ce n'est qu'en juillet 1912 que la guillotine revint devant la prison d'Auxerre pour l'exécution d'Aubert. Il y eut également des exécutions privées, en 1943, 1947 et 1949. La prison, ouverte depuis 1840, peut accueillir 100 détenus. En ce moment, elle est le domicile d'Emile Louis, le tueur des "Disparues de l'Yonne", dont le procès aura lieu au cours de l'année 2004.

La maison d'arrêt de Belfort Maison d'arrêt de Belfort (90)
La prison de Belfort ne vit qu'une seule fois la guillotine à ses portes : ce fut pour l'exécution de Pozzi, en 1905.

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Dès 1895, en raison des démolitions prochaines des prisons de Mazas, Sainte-Pélagie et la Grande Roquette, le département de la Seine décide de faire bâtir un nouveau pénitencier. Un seul pour trois prisons fermées? Oui, car la prison sera l'une des plus grandes qui soit. Il y a une raison à la création d'une nouvelle prison dans la région parisienne : primo, un seul chantier, même gigantesque, coûtera moins que trois chantiers de taille moins considérable mais dispersés un peu partout. Secundo, à ceux qui objectent au sujet de la fermeture des trois établissements, surtout au sujet de la Roquette, vieux d'à peine une soixantaine d'années, on rétorque la loi du 05 juin 1875, qui instaure dans les prisons départementales le régime cellulaire, régime qu'il fut impossible de mettre en place dans les prisons anciennes, à part à la maison de la Santé. Il faut trouver le lieu. Plusieurs propositions s'offrent au choix des autorités. Celles-ci jetteront leur dévolu sur un terrain à une dizaine de kilomètres de Paris, dans le Val de Marne. Un village qui se nomme Fresnes, non loin de Rungis, située sur un côteau. C'est sur le flanc gauche de ce côteau que se dressera la prison. L'accès en sera facilité car la facade principale donne sur la route nationale qui mène de Paris à Orléans. L'entrée se situe à 400 mètres du village de la Croix de Berny, sur une autre nationale (Versailles/Choisy-le-roi), et à un kilomètre de la gare ferroviaire de Berny.

Avant d'établir les plans, il faut savoir à quoi servira la prison :

-Maison d'arrêt : les détenus condamnés à une peine de moins d'un an et un jour y séjourneront, ainsi que certains condamnés "privilégiés" désirant une remise en effectuant une partie de leur peine dans une prison cellulaire.

-Dépôt des condamnés pour les détenus en attente de leur transfert vers les colonies pénitentiaires (Nouvelle-Calédonie, Guyane), où frappés de la rélégation. C'était la fonction principale de la Roquette.

-Enfin, Fresnes sera l'infirmerie centrale des prisons d'Ile-de-France.

La prison sera donc séparée en trois quartiers distincts. Le plan est dessiné par l'architecte Poussin, en raison de ses antécédents : il est le concepteur de la maison de correction de Montesson. Vers le 10 juin 1898, la prison est inaugurée. Ses dimensions sont considérables : un terrain de 600 sur 400 mètres, caché derrière un mur d'enceinte de 8 mètres de haut.

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La maison d'arrêt de